Sombres perspectives

17 octobre 2006

Après 26 mois de « chômage » -terme que je ne tiens pas en haute estime, j’en viens à me poser la question de la place exacte du travail dans ma vie. Avec pour corollaires inévitables, les questions de sa valeur d’une part, et de son prix d’autre part.

J’ai en effet constaté, au cours de ma recherche d’emploi, le peu d’intérêt que certains décideurs semblent accorder à l’expérience (et partant à la qualité), par exemple dans le domaine de la traduction.

Peu leur importe de savoir comment le travail sera fait, à partir du moment où les délais de finition sont respectés. Je crois retrouver ici une certaine forme de fuite en avant, qui en dit long sur la vision de l’entreprise. Cette attitude se retrouverait-elle dans des secteurs d’activité relevant de la production de biens ?

En tout état de cause, je trouve qu’il est difficile d’accepter que soit fixée une rémunération minimale sous prétexte que la prestation de services n’est pas essentielle à la (sur)vie de l’entreprise.

J’ai ainsi vu des sites Internet bricolés, mais sans que leurs auteurs se rendent en apparence compte du déficit d’image et de respectabilité qu’un travail bâclé finit toujours par engendrer. Ces sites semblaient vouloir dire : « Il faut un truc sur Internet de nos jours. Eh bien, le voici… » Donc : à prendre ou à laisser, l’essentiel étant de faire acte de présence.
En parallèle à ces sites, il y a aussi la traduction des présentations (par exemple : du français vers l’anglais), laquelle est faite dans le même esprit et avec les mêmes moyens que la création d’un site.

Comment, dans ce contexte, puis-je prendre au sérieux l’entreprise qui dit vouloir m’embaucher, en contrat temporaire ou à durée indéterminée ? Quelle confiance puis-je accorder au recruteur qui me recevra ?

Tous ces éléments concourent, qu’on le veuille ou non, à donner de l’entreprise considérée une image d’amateurisme, de fragilité voire de déliquescence. En quoi de telles structures peuvent-elles exiger de leurs employés ce qu’elles sont incapables de se donner à elles-mêmes ? Et quel investissement peuvent-elles attendre d’un personnel considéré comme « matière renouvelable » ?

L’état de l’économie, les incertitudes quant à l’avenir ne constituent pas des raisons valables pour s’occuper exclusivement de la réduction des charges, de la hausse des bénéfices et autres quantifiables. La qualité en pâtit et je m’interroge, au final, sur l’existence même de telles entreprises.

Ne vaudrait-il pas mieux qu’elles ferment ou qu’elles délocalisent ?

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