Etre un penseur…
17 octobre 2006
Je me demande parfois -mais pas trop souvent- ce que l’entreprise voit en ses salariés : des individualités pensantes {des personnes} ou une masse indistincte de ressources {des quasi-robots}. Celui qui m’a inspiré, sans même le savoir, ce type de question était un responsable commercial. A la lecture de mon CV et après 20 minutes d’entretien où il aurait fallu que je “sorte ce que j’avais en moi” (?), ce recruteur a fait la réflexion suivante : “Oui, d’après ce que je vois, vous êtes plutôt un penseur”.
Traduction : pour être un commercial, ne serait-ce qu’au niveau employé qualifié, il ne faut surtout pas penser, mais bien plutôt foncer -quitte à ramasser les morceaux éparpillés dans le feu de l’action un autre jour. Ou jamais !
Qui donc a dit que la pensée était exclusive de l’action, et réciproquement ? Non seulement pour ce cadre commercial, mais de manière générale… Un formatage idéologique en serait-il la cause, dans les écoles de commerce ou les formations continues réservées à l’élite ?
Et curieusement, une dichotomie analogue se fait jour entre une approche humaniste et une approche rationnelle des problèmes qu’une entreprise peut rencontrer. A un autre jour mes réflexions sur les méthodes de motivation actuellement en vogue !
En fait, j’ai la tentation d’estimer (par référence aux quasi-robots évoqué supra) que la société industrielle et post-industrielle tient beaucoup à ce que le travail soit déshumanisé, qu’en fin de compte l’être humain devienne interchangeable.
Est-ce vraiment souhaitable ? Je laisse la question ouverte.